Christian Jacot-Descombes
Éditions Prométhée, Paris
L'Alliance pour la Durabilité et la Création, coalition d'écologistes radicaux et de mouvements post-croissance, gouverne Bruxelles. Le continent rationne les soins, encadre la technologie, planifie la décroissance, et considère désormais ses aînés comme un poste de dépense. Ceux qui peuvent encore choisir prennent la route du Sud.
C'est dans ce contexte que le MS Bonne Espérance quitte les côtes européennes, chargé de vies riches d'expériences et d'espoir en un avenir encore réjouissant, en route vers les structures d'accueil que l'Afrique et le Proche-Orient ont multipliées pour eux. Sur le pont du navire, un matin, deux hommes font connaissance. C'est le début d'un voyage qui va s'avérer initiatique, et peut-être final.
Benjamin Galtier, 75 ans, ingénieur nucléaire suisse, rationaliste impénitent, qui a passé sa carrière à construire ce que d'autres s'acharnaient à interdire. Et Naim Khoury, 73 ans, psychiatre argentin d'origine palestinienne, qui a cessé d'exercer le jour où on lui a demandé de valider des identités plutôt que de soigner des histoires.
Au terme du voyage, à Bekoji (Éthiopie), berceau de la course à pied d'endurance, un formulaire les attend. Trois cases. Le roman ne tranche pas, mais n'esquive rien.
Entre les chapitres narratifs, des documents fictifs, articles de presse, rapports institutionnels, analyses géopolitiques, construisent par strates le monde de 2052. Chaque voix dit ce que les autres ne peuvent pas dire. Ensemble, elles donnent à ce futur une épaisseur qui permet au récit de se concentrer sur les personnages et leurs découvertes.
Au bout du voyage, un formulaire. Trois cases. Et pour chacun des deux amis, une seule vraie question, case B, ou case C ?
Pas de vaisseaux, pas de mutants, des institutions plausibles, des technologies documentées, des dialogues qui mordent. 2052, Le crépuscule des vieux se déroule dans un monde prospectif mais ancré dans des lieux et des institutions reconnaissables. Le lecteur attentif y retrouvera des références réelles, légèrement déplacées. C'est avant tout un roman sur l'amitié, sur le temps qui reste, et sur ce que chacun décide d'en faire dans un monde où la technique promet de reculer les limites du vivant.